Samedi 5 décembre 2009
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Par desinvolt

L’automne, ou la saison propice à l’ébauche d’un paysage
rouille brasillant et ardent. Un éphèbe sort de terre, le teint porcelaine et les cheveux bruns en bataille. Le naturel a toujours fait rêver, mais atteindre ce sacro-saint graal relève d’une quête
quasi Jules vernienne. Les blockbusters américains mettent souvent en scène ces apollons innocents,
aux traits si purs, qui portent une chemise à carreaux avec le charisme d’un Humphrey Bogart en costume.
Et bien messieurs, être naturels, paradoxalement, cela demande un travail considérable. Il ne suffit pas de se réveiller le matin et de laisser sa carcasse entre les mains placides du hasard. Sur
le tableau des couleurs, la palette s’oriente en hâte du marron insolent au rouge étouffé. Si le gris et le blanc complètent la tenue
de l’homme ‘Nature’, le noir tâche d’encre cet univers idyllique. On lui préfère de majestueux rouges, rouge sang, rouge carotide, qui dynamisent l’allure ‘beau des champs’.
Et lorsque les brises hivernales interrompent la douce symphonie automnale, l’esthète emprunt d’une désinvolture toute mélodieuse, enroule négligemment son écharpe en laine oversize autour de son
cou parfumé de senteurs boisées. Sur les catwalks, l’orge et le blé ont remplacé la dynamique outrancière des temps jadis. Le mâle D&G par exemple, semble tout droit échappé d’une ferme du
Kentucky. Le jeans est usé, le cuir suranné et les boots viriles. Car être naturel, c’est avant tout une allure, un état d’esprit qui fait la différence entre un mauvais stéréotype et un héros
charismatique.
Lolita pour Désinvolt
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