Vendredi 6 novembre 2009
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Par desinvolt
Lorsque j’ai voulu faire un reportage sur
les graffiti, je n’avais pas grand-chose dans ma besace, juste un énorme coup de cœur pour le site d’un observateur passionné de graff, photographe amateur de graffiti et qui se défini comme
«arpenteur de rues, terrains vague et autres friches». THIAS fait partie du PGC crew (Photograff Collectif), un collectif de shooteurs de graff de Paris et d’ailleurs et lorsqu’il nous parle de
ceux qui manient l’aérosol avec dextérité cela met des couleurs dans notre culture.
INTERVIEW DE THIAS (PGC), SHOOTEUR DE GRAFF D’ICI ET D’AILLEURS
En quelques mots peux-tu nous définir la philosophie des graffeurs ?
Libre, spontanée, active. Les graffeurs ont pour la plupart conscience d’agir en interaction avec la société, dans la cité. Sans forcément le formuler, ils s’attaquent
tous à la question du lieu public : est-ce un espace où personne ne peut rien faire car il appartient à tous, ou est-ce un espace où chacun peut s’exprimer puisqu’il est public ?
Après, chacun le fait à sa manière. On distinguera la philosophie dite ‘vandale’ qui consiste à marquer la ville là où elle n’en veut pas, rapidement, comme un geste où l’esthétique rentre beaucoup
moins en compte que la provocation sociale ; et le graffiti dit ‘légal’, qui consiste à pratiquer sur de grands murs plus ou moins tolérés (mais souvent reculés comme dans les terrains vagues
ou les friches), où les graffeurs peuvent prendre le temps nécessaire pour peindre une pièce construite et travailler leur esthétique.
Si ces deux actes ne suivent pas la même philosophie, ce sont cependant deux éléments indissociables d’une même culture : les fresqueurs ont souvent appris la pratique en commençant par le
vandale, et, pour certains, ces deux pratiques se poursuivent en parallèle, l’une répondant à l’autre et vice-versa.
Il faudrait ajouter une troisième logique d’intervention urbaine qui est celle du pochoir et du collage d’affiches (qu’on regroupe souvent sous le terme ‘street art’) Il s’agit également d’une
démarche plastique et artistique en lien avec la ville, mais où la plupart du temps de travail se déroule à la maison ou en atelier (préparation des supports), et où les « risques » sont
moins importants (amendes moins lourdes, pratique plus facilement admise par la société).
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Publié dans : REPORTAGE
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