Jeudi 3 décembre 2009
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Par desinvolt
Quoi de plus merveilleux que de tout partager quand on s’aime ? Vivons ensemble !
En faisant l’état des lieux de votre nid d’amour avez-vous coché la case “désordre” ?
Je crois que je m’en suis rendu compte dès mes premières années : les femmes ont un talent extraordinaire, une sorte de pouvoir de super-héros pour sauver le monde du chaos qui le menace en
permanence. Sinon comment expliquer que ma nana soit capable de retrouver aussi vite le moindre objet que j’ai perdu ?
Par exemple, le soir je rentre du boulot, je me débarrasse des clés de ma bagnole mais jamais au même endroit, sinon c’est pas marrant. Parfois dans un éclair de lucidité, je me dis « OK, tu
peux les abandonner là, mais c’est pas leur place, fais l’effort de t’en souvenir ». Evidemment, deux secondes après, j’ai déjà tout oublié. Et le lendemain matin c’est pire, surtout après une
nuit de sommeil perturbée par Adriana Karambar (elle me harcèle toutes les nuits, j’ai du mal à m’en défaire). Alors, au moment de partir travailler, la tartine de confiture encore à la main,
retrouver mes clés, c’est mission impossible. Mais sans Tom Cruise. Heureusement, j’ai mieux que l’acteur aux dents blanches : j’ai ma femme. « T’as pensé à regarder dans le bac à légumes
du frigo ? Et tant que tu y es, ne mets pas ta tartine de confiture dans ta poche, ça t’évitera de te tacher ».
Non vraiment, elle est trop forte. Ou alors c’est elle qui me déplace mes affaires juste pour se rendre indispensable.
En y réfléchissant, je crois avoir compris d’où elle tient ce super-pouvoir. En fait, elle s’entraîne depuis des années. En accumu
lant partout dans l’appart, tout un tas de trucs qui servent à rien, elle exerce sa mémoire visuelle. Dans la salle de bains, ça saute aux yeux. Tu peux me dire à quoi ça sert autant de flacons
différents ? Entre le gel douche (à l’extrait de plume de moineau albinos de Patagonie) et le soin capillaire (à solution hyper-oxygénée de radicaux libres à osmose inverse intégrale), il y a
au moins une douzaine d’autres emballages alignés comme à la parade. Alors que de mon côté, c’est le néant. Ou presque.
Là où elle cumule mousse, rasoirs satiné et huile apaisante au lotus triple épaisseur, mon sommet de la sophistication, c’est mon rasoir à deux lames passé sur ma peau enduite de mon pauvre
savon de Marseille (aux bulles). D’ailleurs pour voir, je les ai essayés ses produits, je ne m’y risque plus : inutiles et trop compliqués. Tout ceux qui ont tenté de se brosser les dents avec
une crème exfoli-ante au karité me comprendront.
Malgré tout, je ne peux pas lui en vouloir, elle vient encore de me sauver la vie.
Chérie, t’as pas vu la pince multiprises ?
Si, elle est dans la caisse à outils.
Ouais ben évidemment… je risque pas de la retrouver si tu la caches…
Dans son dressing (elle n’a pas de commode, c’est pour les Allemandes de l’Est ce genre de meubles), sa capacité à entasser les vêtements et accessoires atteint son paroxysme. A l’époque où je
l’avais rencontrée, en ouvrant par hasard un de ses placards, j’avais d’abord cru qu’elle faisait partie de Handicap International et qu’elle y entassait les paires de chaussures pour la
traditionnelle pyramide contre les mines anti-personnel ou au cas où il y aurait un tremblement de terre dans les Balkans et qu’ils auraient besoin de rhabiller toute la population d’Albanie. C’est
dire si je suis naïf. En plus, je me demande pourquoi elle entasse toutes ces fringues. Moi c’est quand elle est toute nue que je la préfère. Et quand elle retrouve mes pompes.
Dis Chérie… Tu sais où elles sont mes baskets ?
T’as regardé à leur place ?
Ah ! Parce qu’elles ont une place ?
Par YOJ'
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