Samedi 5 décembre 2009
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Par desinvolt
Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out est un
syndrome d’épuisement qui fait partie des risques
psychosociaux professionnels, consécutif à l’exposition à un stress permanent et prolongé. Ce syndrome est
nommé Burn Out Syndrome chez les anglophones et Kaoshi ou « mort par la fatigue au travail » au Japon.
L’on est souvent inconscient des processus que l’on met en jeu dans l’instauration de sa propre transformation. La mue est un phénomène beaucoup plus long qu’il n’apparaît de prime abord : ce
serait en effet, être bien piètre observateur que de circonscrire la mue de l’insecte ou du reptile à la simple étape finale, lors que de lentes et profondes modifications métaboliques
agitent les corps sans symptômes extérieurs. Il en est probablement ainsi des modifications psychologiques humaines, dont certains seuils sont matérialisés par de brutaux changements, tels que
celui dit du burn-out. Le burnout, c’est l’histoire de ce vase qui déborde à cause d’une goutte… C’est le tournant fondamental d’un état dépressif instauré au fil des ans.
On peut imputer à l’influence négative des collègues, à une hiérarchie malsaine, à un contexte professionnel déliquescent, à des relations sentimentales et sexuelles décadentes à l’aune de
cette situation, les raisons de ce burn-out. Soit ! Néanmoins, m’est avis qu’il ne s’agit que d’artéfacts externes visant à stimuler un mécanisme d’auto-destruction interne : des choses
se dissolvent à l’intérieur, suivant une logique de reconstruction qui prélude même à son propre état de conscience de cette mutation.
Situons par l’exemple : l’on s’est construit un univers, plus ou moins cohérent avec l’idée que l’on se fait de l’existence, comme tout le monde… On s’est peu ou prou embourgeoisé, mariage,
enfants, maison. Pour ce faire, il a fallu intégrer la société productiviste. L’équilibre de ce château de cartes repose donc sur la position socio-professionnelle que l’on s’est allouée.
Cependant, une question perdure : cet état de l’être répondil aux attente de l’individu profond ? C’est là que les cas divergent… Un certain nombre admettra cette position comme viable,
supportera les brimades et autres inévitables soucis professionnels, voire familiaux en découlant, car n’opposera pas à cet état une quelconque envie d’autre chose.
Ce nombre là vit intégré à la société pour laquelle il se sait remplir le rôle qui est le sien. D’autres ne répondront pas de la même façon. Ils vont lentement se dissocier de leur état sous
la pression des attentes non comblées par ce dernier. Tel une cocotte-minute, sous la tension de cette inadéquation, l’individu montera en pression, inconsciemment convaincu par chaque
aléa de l’état de non-vie dans lequel il évolue. Puis un beau jour, pour ce qui autrement n’aurait été qu’anecdotique, il va se mettre en état de rupture, de dépression brutale, c’est
le burn-out. Va s’en suivre un abandon de la situation professionnelle, un abandon physique et moral, très souvent lié à l’addiction aux substances psychotropes, puis, selon la grande
théorie des dominos, l’équilibre de son univers global ayant été fondé sur cette position sociale, s’en suivra également probablement la fuite du reste de cet univers, un conjoint qui part
pour quelqu’un d’autre, emmenant le reste de la famille, la maison que l’on ne peut garder, adieu veau, vache, cochon…
Cette phase de burn-out produit pour l’individu l’effet d’un cataclysme nucléaire auquel certains ne survivent pas. Pour les autres, lui succède un hiver nucléaire durant lequel s’amorcera une
phase de reconstruction. Cette dernière est longue. Elle s’accompagne souvent d’une grande solitude propre à l’introspection. Là, l’être pourra se retrouver en adéquation avec ce qui fut
initialement le coeur de ses désirs : créer, innover, exister par ce pour quoi l’on se sent fait. De nombreuses personnes à la fibre créatrice, suivent de près ou de loin ce cheminement
violent mais nécessaire. L’intensité de leurs attentes sous-tend naturellement leur décalage avec une quelconque activité. Avec du recul, beaucoup de recul, il est ensuite possible de se
rendre compte à quel point on ne fut pas la victime de tout ceci, mais l’instigateur subconscient d’un besoin de retour à soi, à la signification que l’on donne à la vie.
Michel Pialoux
Rédac'Notteur sur Désinvolt
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