Crissements stridents. Voilà que
surgit un mâle torturé qui enfièvre la populace. Son allure est occulte, ses mouvements paramétrés, ses yeux sont noirs, une abysse d’angoisse et de tourments dans laquelle on ne demande qu’à se
noyer. Il m’effraie et me fascine. Tout devient paradoxal en sa présence. L’étrange souffle alors le chaud sur ma peau glacée.
Étrange, étrange, étrange. Ce mot raisonne et ricoche sur les murs de la raison sans que l’on puisse réellement lui accoler une définition précise. Le flou
demeure.
Lorsque l’étrange envahit le terrain masculin, l’ésotérisme est de mise. Mais à quoi diable ressemblent donc ces hommes déconcertants ? Ces mortels impies portent
le noir, ils le magnifient, le maltraitent, jusqu’à lui donner la profondeur d’un rouge carotide. Leur allure n’est pas banale, à la limite de l’irrévérencieux, ils frôlent le génie
modesque.
Donnez leur une écharpe, ils lui donneront une dimension urbaine à la Kubrick. En un mot, ces drôles de diables sont insaisissables et se délectent d’écorcher les
esprits étriqués. Être étrange, ce n’est ainsi pas moins qu’une inclinaison originelle de l’esprit à tendre vers l’inattendu, qui se nourrit à grands coups de culture et d’une libéralité sans
borne.
Messieurs, à bas les conventions, abattez vos propres cartes et bousculez les âmes bien pensantes.
Lolita pour Desinvolt

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